J'aime pas voir des gens que j'ai pa vu depuis longtemps, ceux qui se sentent obligé de te demander ce que tu deviens, alors tu cherches, depuis que tu sais que tu vas les voir, qu'ils vont te poser cette question infâme, tu cherches les mots qui peuvent le mieux te décrire, tout en sachant bien que ta vie ne se resumera pas en trois phrases, de toute façon personne ne t'écouteras, parce qu'au fond, la réponse, les gens n'y prète même pas attention, ils ne savent qu'acciécer, dire que c'est bien, qu'il sont contents, et la vie reprend son chemin. Mais pourtant ça fait une heure et demi que t'es dans la voiture, et que tu cherches, parce que tu voudrais pas qu'ils pensent que tu es ce que tu n'es pas. Les mots vont un vacarme dans ta tête, rire, bonheur, déception, joie, pleures, finalement tu diras que tout va bien, tu parleras de ton cursus scolaire, et tu diras que tu ne t'es pas trompée, que tu avais toujours su que c'était ça que tu voulais faire. Tu souriras, jusqu'au soir, sans te plaindre, une seule seconde, parce que si tu te plain, rien qu'une fois, alors ces gens là croiront que tu es triste, que rien ne vas, pourtant moi, ça va. Le soir j'irais m'asseoire au bord de l'océan et je regarderais l'horizon, je m'imagine toi et moi, assis, main dans la main, sans parler, sans même se regarder. Se voir à travers l'infinit. J'écris toujours, dans ma tête, les mots que je recracherais le soir sur le papier, je me pose toujours ces questions existencielles, je doute encore de ce que je suis, mais je dois trop sourir, pour que ça se voit, je suis celle que j'ai toujours été, mais comment enlever cette envelope, cette image fixe que vous avez quand vous me regarder.
La distance, c'est l'illusion, l'illusion que rien ne changera, alors que tout est déja different
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